Les huiles essentielles en questions

Posted By: Philippe Lomprez On: Comment: 0 Hit: 96

Questions et réponses sur le thème des huiles essentielles

Le bien être et les soins naturels ayant le vent en poupe en ce moment, les huiles essentielles et l’aromathérapie se retrouvent sous les feux des projecteurs.
Tout d’abord les médecines alternatives répondent à un besoin en terme d’efficacité sur certaines problématiques modernes, ne serait-ce qu’à cause de l’allongement de la vie et donc du cortège de soucis médicaux qui l’accompagnent et pour lesquels la médecine traditionnelle n’est pas forcément adaptée. Ils répondent à un désir de naturel, comme un écho aux problèmes écologiques, mais aussi à un souhait d’être plus actif que passif vis à vis des problématiques de vie.
Une des conséquences de cette soudaine notoriété des huiles essentielles, c’est que l’on entend aussi un peu n’importe quoi à leur propos, les phantasmes sécuritaires, pseudo-intellectuels, ne sont jamais loin.
Les confusions s’installent dès que les bases ne sont pas fixées, pour que les choses soient claires, il faut donc impérativement se poser des questions, mêmes celles qui paraissent les plus naïves :

- Qu’est ce qu’une huile essentielle ?
- Comment obtient-on une huile essentielle ?
- Peut-on, obtenir une huile essentielle de n’importe quelle plante ?
- Peut-on obtenir une huile essentielle à partir de n’importe qu'elle partie d’une plante ?
- Une même plante peut-elle donner plusieurs huiles essentielles ?
- Une huile essentielle de Lavande par exemple, vaut-elle une autre huile essentielle de Lavande ?
- Comment être sûr de la qualité de l’huile essentielle que j’achète ?
- L’usage que je veux faire de l’huile essentielle est–il plutôt « bien être » ou plutôt « santé » ?
- A partir de quel âge peut-on utiliser les huiles essentielles ?
- Comment utilise-t-on les huiles essentielles ?
- Quels sont les dosages à utiliser ?
- Quels sont les précautions à prendre ?

Questions & Réponses:

=> Qu’est ce qu’une huile essentielle ?
Une huile essentielle est une huile riche en principes actifs dits aromatiques, obtenue à partir d’une plante.

=> Comment obtient-on une huile essentielle ?
Une huile essentielle est obtenue par distillation le plus souvent, ou par pression.
Les huiles essentielles d’agrumes (Bergamote, Citron, Lime, Mandarine, Orange, Pamplemousse) de bonne qualité sont obtenues par pression à froid (par expression) des zestes.

=> Peut-on, obtenir une huile essentielle de n’importe quelle plante ?
Non, parce qu’il faut une plante dite aromatique, c’est à dire qui contient des arômes, qui sont les principes actifs que l’on recherche, hors, toutes les plantes ne sont pas aromatiques.
Pour certaines plantes, l’emploi de solvants lors de la distillation s’avère nécessaire pour aller « chercher » les arômes ou pour augmenter les rendements, mais dans ce cas elles sont à proscrire tant pour un usage médical que bien être. Il va de soit que l’utilisation d’un solvant se fait au détriment de notre santé (cancérigène).

=> Peut-on obtenir une huile essentielle à partir de n’importe qu'elle partie d’une plante ?
En règle générale une plante concentre ses principes aromatiques dans une partie spécifique, type feuille ou graine, racine ou fleur, écorce ou résine, mais il existe des exceptions (Oranger amer, Coriandre, Livèche etc…)

=> Une même plante peut-elle donner plusieurs huiles essentielles ?
Oui, et elles n’ont pas les mêmes principes actifs et donc pas les mêmes vertus, ni le même emploi, exemple : le Pin maritime, il donne l’huile essentielle de Pin maritime « aiguilles », l’huile de Pin « écorce » et l’huile de Pin « résine » appelée plus communément Térébenthine.
L’Oranger amer donne l’huile essentielle de Petit grain bigarade à partir des feuilles et la fameuse huile essentielle de Néroli avec les fleurs.
La coriandre quant à elle, donne une huile essentielle à partir des feuilles et une autre des graines.
Autre exemple un peu différent: l’huile essentielle d’ Ylang-ylang, il existe pour celle-ci, plusieurs types de fractions, autrement dit de qualités, obtenues à partir d'un temps de distillation progressif.
Elle donne 6 qualités, l’Extra super, l'Extra, la Fraction I, la Fraction II, la Fraction III et le total de ces 5 fractions qui se nomme la "complète". La distillation de l’ Ylang-ylang a généralement une durée de 20 à 24h.
Une huile essentielle d’Ylang-ylang sans autre explication est forcément bas de gamme, de même, celle appelée complète, est loin d’être la meilleure.
Attention donc, il faut savoir quelle huile essentielle on achète, cela explique souvent la différence de prix de l’une à l’autre.

=> Une huile essentielle de Lavande par exemple, vaut-elle une autre huile essentielle de Lavande ?
Tout d’abord il faut être sûr de l’huile essentielle que l’on achète d’un point de vue botanique.
Pour la Lavande, il existe en fait des « Lavande », l’huile essentielle de Lavande officinale, ou encore de Lavande fine, de Lavande fine d’altitude, de Lavande aspic, de Lavande papillon, de Lavandin, de Lavandin super. Toutes différentes, tant au niveau parfum, qu’au niveau thérapeutique, attention donc de bien choisir !!!
Ensuite et c’est fondamental, il faut savoir que certaines plantes, identiques botaniquement donnent en fonction de l’ensoleillement et de la nature du sol des huiles essentielles très différentes d’un point de vue chimique ; l’exemple le plus célèbre est le Thym, il peut être riche en thymol, molécule désinfectante mais très agressive pour la peau et toxique pour le foie, ou alors en thujanol qui elle, à l’inverse soigne le foie précisément ou encore en linalol, molécule dénuée d’agressivité pour la peau.
Les huiles essentielles dont les molécules sont tracées sont dites chémotypées (notion de race chimique) et la molécule principale est appelée chémotype, on parle donc de Thym à chémotype thymol ou à chémotype linalol etc… A chaque huile essentielle son chémotype, il faut donc être sur qu’elle soit définie chimiquement, donc chémotypée.

Comment être sûr de la qualité de l’huile essentielle que j’achète ?
10 points à vérifier avant d’acheter :
Point N°1:
Dans le cas ou l’huile essentielle est vendue en flacon sans suremballage (boite), ce flacon doit être en verre de couleur bleu, seule couleur qui garantisse la préservation du produit de la lumière.
Si le flacon de verre se trouve dans une boite opaque, la couleur du flacon n’a plus d’importance mais il doit être impérativement replacé dans son emballage après chaque utilisation.
Une huile essetielle qui n’a pas été préservée de la lumière devient hautement toxique et cancérigène, l’utiliser c’est prendre un risque important et inutile.
Point N°2 :
Il doit être indiqué le nom commun français de la plante
Point N°3 :
Il doit être indiqué le nom latin de la plante: Cela permet d'identifier parfaitement la race botanique.
Un exemple de confusion parmi d'autres: L'He de Lavande fine est couramment vendue sous 2 noms latin, lavandula angustiflia ou lavandula officinalis, la véritable Lavande fine porte le nom latin de lavandula angustifolia, l'autre est une lavande officinale commune, la concentration en principes actifs diffère et le parfum de cette dernière est beaucoup moins complexe et subtil, le prix ne doit pas être le même. Seul le nom latin permet de savoir avec exactitude à quelle plante l'on a à faire.
Point n°4 :
Il doit être indiqué la partie distillée (exemple : feuilles, écorce, résine, semences etc…) et pour certaines huiles essentielles comme l’Ylang-ylang, le type de fraction (l’extra super, l'extra, la fraction I, la fraction II, la fraction III, la "complète").
Point n°5 :
Le chémotype sera impérativement donné, c’est fondamental, exemple: linalol, verbenone, 1,8 cinéole etc…
Point N°6 :
La contenance du flacon doit être connue exemple 2, 5 ou 10 ml etc…
Certaines marques n’utilisent qu’une seule taille de flacon pour plusieurs contenances, il faut donc vérifier le volume vendu.
Sur internet cette indication pourtant élémentaire et obligatoire n’est pas toujours indiquée.
Point N°7 :
La provenance de la plante doit être fournie.
C’est également un gage de sérieux, cela permet d’éviter des provenances «douteuses».
Point n°8 :
Elle doit être garantie « pure et naturelle ». C’est à dire distillée à la vapeur d'eau, sans solvant, ni intervention d’aucune sorte. Attention, l'obtention des huiles essentielles d’agrumes de qualité, se fait par expression à froid et pas par distillation.
Point N°9 :
Enfin, le mieux est de choisir quand c’est possible une huile essentielle bio à cause du mode de culture respectueux de la nature et des hommes. Le prix ne sera pas le même, la culture en bio demandant beaucoup plus de travail, mais ça en vaut la peine.
Quoiqu’il en soit, une huile bio n’est pas en soi un gage de qualité, loin s’en faut, elle ne garantie en effet pas une distillation réussie, ce n’est donc pas la mention forcément la plus utile bien que hautement recommandable.
Point N°10:
La concentration en principes actifs doit être la plus élevée possible, en tout cas suffisamment pour espérer un effet positif (qualité scientifique et médicale) et cela n’est possible qu’à certaines conditions :
- La plante a été cultivée dans les meilleures conditions (sol, climat, altitude, etc…)
- La plante a été récoltée au meilleur moment (saisonnalité, climat lors de la récolte)
- La distillation a été bien menée
Un exemple : pour espérer des effets positifs de la célèbre huile essentielle d’Immortelle (Helichryse italienne) sa teneur en « italidione » doit être supérieure ou égale à 5% et sa teneur en « acétate de néryle » doit atteindre ou dépasser les 20% ;  pour information les fournisseurs d’Agayon garantissent des taux très voisins de 7,54% pour l’italidione et 35% pour l’acétate de néryle.
Un échec avec une huile essentielle est trop souvent imputable à une trop faible teneur en principes actifs de celle ci.

- L’usage que je veux faire de l’huile essentielle est–il plutôt «bien être» ou plutôt «santé» ?
Pour un petit bobos, un chagrin, un rhume, un besoin de détente et d’apaisement, on est côté « bien être », c’est très différent d’une pneumopathie, une fracture, une dépression, ça c’est du côté « santé », un massage avec quelque gouttes d’huile essentielle après une journée un peu stressante, c’est du « bien être », ingérer des huiles essentielles contre une toux persistante, c’est coté « santé » et la santé nécessite bien évidemment des connaissances qui ne sont pas à la portée de tout un chacun, c’est aussi simple que cela.
Si l’on est pas «expert» en aromathérapie, il faut rester dans la notion « bien être », les accidents sont dus à l’ignorance des principes de base des huiles essentielles et de la médecine.
L’aromathérapie ne s’improvise pas, il faut au minimum beaucoup se documenter, faire preuve de discernement et de modestie.
Cela étant dit, Il faut quand même dédramatiser les choses, l’utilisation des huiles essentielles n’a rien à avoir avec le maniement d’explosifs, quand on lit certains articles, l’on pourrait en douter et l’on se dit que les phantasmes sécuritaires à la mode sont à l’œuvre et qu’ils ne sont pas forcément sans arrières pensées.
Les accidents ou la bêtise sont très démocratiquement répandus et l’usage abusif ou inapproprié de n’importe quel produit peut être gravement préjudiciable.
Il faut faire preuve de sens de la responsabilité et utiliser les huiles essentielles ne doit pas être une forme de procrastination.

=> A partir de quel âge peut-on utiliser les huiles essentielles ?
Il faut bien faire la différence là aussi entre particulier et professionnel de santé.
Pour le particulier le mieux est clairement de s’interdire l’emploi des huiles essentielles chez les très jeunes enfants. Comme ils ne peuvent pas s’exprimer avec un langage approprié, il est très difficile d’utiliser les huiles essentielles en toute sérénité, de plus en fonction de leur poids corporel il faudrait faire des dilutions, bref c’est trop compliqué et surtout risqué.
L’on considère qu’à partir de 7 ans, un large choix devient possible, il est impératif dans tous les cas de se renseigner par avance à la fois, sur la pertinence du choix de l’huile essentielle, mais aussi sur la façon de l’employer.

=> Comment utilise-t-on les huiles essentielles ?
Il existe plusieurs façons d’utiliser les huiles essentielles:
1/ Certaines huiles essentielles peuvent se respirer tout simplement pendant 2 à 3 minutes, une à plusieurs fois par jour selon les besoins l’huiles choisie. Par exemple, respirer directement au flacon ou un mouchoir avec quelques gouttes d'huile essentielle dessus.
L’on peut également la diffuser à l’aide d’un diffuseur d’huile essentielle à froid ou à chaleur douce.
Attention de choisir le diffuseur adapté, sa puissance doit être fonction du volume de la pièce «à traiter».
Ne jamais diffuser plus de 35 minutes dans une pièce. Attention par exemple de ne pas s’endormir dans la chambre porte fermée avec le diffuseur en fonction.
2/ Certaines huiles essentielles peuvent s'employer en massage: en diluant 3 à 5 gouttes pour une cuillère à soupe (+/- 15 ml) d’huile de massage "neutre" type Noisette ou en choisissant une huile végétale qui agira en synergie avec l'huile essentielle.
Certaines peuvent s’employer pure sur une zone restreinte.
3/ Certaines huiles essentielles peuvent s’employer dans le bain: en diluant 10 à 15 gouttes d’huile essentielle pour un bain (environ 200 litres d’eau) dans un solvant appropriée type  bain moussant neutre ou solvant du commerce.
4/ D'autres encore, pures sur un trajet veineux (vérifier la compatibilité avant de choisir ce moyen), le plus communément la face interne des poignets ou directement sur la zone intéressée (quelques gouttes, à répéter).
5/ En interne, par voie orale, vaginale ou rectale, ces modes d'administration nécessitent des précautions tant sur le choix de l'huile essentielle que sur son dosage, le mieux est de très bien se renseigner (consulter un thérapeute par exemple) et dans le doute de s'abstenir.

=> Quels sont les dosages à utiliser ?
À titre indicatif les dosages donnés par les thérapeutes sont les suivants:
- Pour un massage local, 5 à 10 gouttes diluée dans plus ou moins d’huile végétale suivant l’huile essentielle choisie.
- Pour un massage sur une grande surface du corps
- Pour un masque à l'argile, aux algues etc... : 3 à 5 gouttes mélangées à la pate.
- Pour un sauna facial: 5 à 7 gouttes pour 500 ml d'eau chaude.
- Pour une compresse qu'elle soit chaude ou froide: 5 à 12 gouttes pour 500 ml d'eau, la plus pure possible (bouillie par ex), pour le visage choisir une concentration peu élevée.
- Pour vaporiser sur le corps: 4 à 12 gouttes dans 50 ml de support.
- Pour vaporiser en parfum d'ambiance: 20 gouttes pour 50 ml d'alcool de fruit ou autre (40° mini).
- Par voie orale: les aromathérapeutes parlent d' 1 goutte d'HE pour 25kg de poids corporel, par prise, 3 à 4 fois par jour.

=> Quels sont les précautions à prendre ?
Les huiles essentielles sont des substances très actives dont l’utilisation réclame des connaissances:
1/ Ne pas laisser à la portée des enfants.
2/ Jamais de contact avec les yeux. En cas de projection accidentelle sur les yeux, rincer abondamment l’œil avec de l’huile végétale sur un coton ou autre tissu.
3/ Ne jamais utiliser d’huile essentielle pure dans le nez et dans les oreilles.
4/ Ne jamais verser de l’huile essentielle pure dans l’eau du bain, mais la diluer au préalable dans un bain moussant, du lait en poudre ou un solvant spécialisé du commerce, pour cet usage.
5/ Ne pas s’exposer au soleil, aux UV après l’application d’une huile essentielle contenant des furocoumarines (photo-sensibilisantes), par exemple zeste d’Orange douce, Bergamote, Mandarine, Citron, Pamplemousse, Angélique, Céleri ... qui augmentent fortement le risque de brûlures.
6/ Eviter si possible la voie interne, la prise des huiles essentielles par voie interne requiert une très bonne connaissance du sujet, mieux vaux peut-être avoir l’avis d’un professionnel de santé spécialisé en aromathérapie.
En cas d’ingestion accidentelle, ingérer de l’huile végétale, du charbon actif ou à défaut de l'argile et contacter un centre antipoison.
7/ Ne pas utiliser pendant la grossesse, ni pour les bébés et attention aux jeunes enfants (moins de 6 ans), l'utilisation des huiles essentielles chez les jeunes enfants est à réserver strictement aux professionnels de santé.
8/ Elles ne conviennent pas aux épileptiques.
9/ Eviter l’usage d’huiles essentielles dermocaustiques (riches en phénols ou aldéhydes) dans une huile de massage, ou ne pas dépasser 1% pour un adulte car elles sont agressives pour la peau.
Exemple: Cannelle, Sarriette, Thym à thymol, à carvacrol, Girofle, Origan, Ail, Ajowan
10/ Toujours vérifier que le mode d'utilisation sélectionné (diffusion, massage etc...) est compatible avec l'huile essentielle choisie. Attention danger !
11/ S'assurer qu'il n'y a pas d'interaction avec la prise d'un médicament.

* Attention, pour les peaux hypersensibles ou si le terrain est allergique, tester l’huile essentielle choisie avant utilisation, en appliquant 1 goutte sur la face intérieure des coudes, laisser reposer 15 à 20 minutes et assurez vous qu'aucune réaction cutanée n'apparaisse.

Exigez des huiles essentielles chémotypées de qualité; la qualité scientifique et médicale, certifiée biologique, correctement emballée a un prix, il récompense le savoir faire et le travail d’une chaine humaine et vous le méritez !
Une huile essentielle de qualité dépend: de la méthode de culture, du choix du moment de la récolte, de la méthode de récolte, de la qualité de l’extraction par distillation ou expression, de la qualité du flaconnage, du stockage.
A noter: Sur les huiles essentielles que nous vous proposons est désormais inscrit une DLUO ou date limite d'utilisation optimale.
Il ne s’agit pas d’une date de péremption, qui signifierait que vos huiles sont bonnes à jeter, mais cela vous permet d'être complètement sûr de leurs effets, tant que cette DLUO n'est pas dépassée.

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